Il y a quelques décennies, on considérait aussi la violence faite aux femmes comme une affaire privée. Pourtant, contrairement aux femmes qui, face à la violence conjugale ont la possibilité – même si c’est souvent difficile – de dire non et de menacer de partir ou de divorcer, les enfants n’ont aucune de ces alternatives. C’est donc à la société de poser un interdit très clair avant la première violence, si faible soit-elle.
La plupart des êtres humains qui subissent des violences dites « légères » n’en gardent pas de séquelles apparentes. L’individu se construit malgré les coups portés, mais beaucoup d’enfants confrontés à ce type d’éducation auront tendance à reproduire plus tard ce qu’ils auront vécu ou à retourner cela contre eux-mêmes, notamment à l’adolescence et à l’âge adulte : attitudes dangereuses, toxicomanie, dépression, tendances suicidaires, violence envers autrui, troubles de la sexualité, développement de maladies. Certains, habitués à se soumettre, risquent de rester victimes toute leur vie (de violence, harcèlement, humiliations…). Les coûts économiques engendrés par cette violence « éducative » sont par ailleurs très élevés.
Beaucoup de comportements d'enfants jugés excessifs ou inappropriés résultent simplement d’un besoin fondamental non satisfait (faim, soif, sommeil, sécurité, santé, autonomie, amour, attention…). Corriger l’enfant sans chercher à comprendre ce qu’il veut exprimer est inutile. Des coups répétés risquent d’amener l’enfant à se « blinder », ce qui a pour conséquence de limiter le développement de ses capacités d’empathie envers les autres et/ou envers lui-même. Cela peut le conduire à commettre des actes violents ou à chercher à se soumettre à la violence. L’étude des parcours de délinquance révèle d'ailleurs le plus souvent une exposition à la violence ou une carence affective dès le plus jeune âge.
Éduquer l’enfant à l’obéissance lui enseigne qu’il est primordial de se soumettre à l’autorité. Mais l’obéissance inconditionnelle déresponsabilise l’enfant, qui sera plus enclin à obéir sans réfléchir, même à des injonctions injustes, voire criminelles. Au contraire, lui permettre de réfléchir à ses actes et à leurs conséquences, de négocier et argumenter ses choix, le fera se sentir plus conscient et responsable de sa propre vie. Le soutien et l’écoute des adultes lui permettront de développer davantage le respect, l’empathie et le sens de la responsabilité nécessaires à une société plus apaisée.




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