Bonjour,
J’ai partagé
hier sur Facebook la bande-dessinée d’Emma sur le thème du partage des tâches
ménagères dans le couple. De prime abord, elle me semblait intéressante dans le
sens où elle pouvait servir de base de discussion au sein des couples, même si
je n’étais pas d’accord avec certains raccourcis et/généralisations. Toutefois,
en voyant le nombre de partages et les commentaires, cela m’a amené à
réfléchir. Et comme je l’avais prévu - mais pas forcément à mon propre niveau –
cela a été source de discussion et d’échanges avec mon mari et c’est pourquoi je
voulais partager avec vous cette réflexion.
Quel constat je fais ?
La première
chose qui ressort est le nombre impressionnant de femmes qui se sont retrouvées
(totalement ou partiellement) dans les situations décrites par la BD. En se
basant sur les commentaires, certaines ont éprouvé du soulagement d’être
reconnues dans leurs difficultés, d’autres étaient contentes que des mots
soient enfin posés pour expliquer ce qu’elles vivent au quotidien (avec
notamment la notion de charge mentale) et d’autres encore y ont vu un défouloir
pour accabler les hommes en général et leur partenaire en particulier, mais je
reviendrais plus tard sur ce point. C’est affolant de se dire qu’il y a autant
de personnes en difficulté et aucune solution proposée.
Je trouve
dommage que les vignettes ne représentent que des femmes. D’un point de vue
pédagogique et pour être plus proche de la réalité, il aurait été sympa d’alterner
les points de vue et de ne pas rester engluée dans un monde manichéen où tout
est forcément tout noir ou tout blanc, avec des gentilles victimes (les femmes)
et des méchants bourreaux (les hommes). Cette victimisation des femmes entraîne
immanquablement une stigmatisation des hommes de manière générale en tant que
groupe. J’entends déjà ceux qui vont dire que cela se passe pourtant ainsi chez
eux et dans la majeure partie des foyers. Très bien. Mais quel effet cela
a-t-il eu ? Les hommes qui ont commenté cette publication ont dû faire
face à une levée de boucliers inimaginable, comme si chaque critique attaquait
la condition féminine et chaque femme en elle-même. Sommes-nous aussi peu sûres
de nous en tant qu’individu pour refuser le débat de manière ouverte et apaisée ?
Je pense que la résolution de conflits passe forcément par le dialogue et l’on
ne peut espérer un changement que si l’on est prêt.e à opérer nous-mêmes des
ajustements.
Ce qui ressort
Après avoir
échangé avec mon mari et une amie, ce qui est flagrant c’est l’incompréhension
qu’il peut y avoir entre les hommes et les femmes dans un couple. Ainsi, pour
reprendre un exemple de la BD, la copine J. demande à son conjoint de sortir le
biberon du lave-vaisselle quand il aura fini. Puis, elle s’insurge quand au
milieu de la nuit elle trouve le biberon posé sur le lave-vaisselle qui lui est
encore plein. Sans vouloir me faire l’avocat du diable, on voit clairement le
manque de compréhension ici. Une tâche demandée est effectuée mais cela n’est
pas suffisant car en fait, on supposait que l’autre personne allait deviner que
« sortir le biberon » voulait dire « vider le lave-vaisselle ».
Il serait intéressant ici d’avoir le point de vue du conjoint. Peut-être n’y
a-t-il pas pensé, peut-être a-t-il été coupé dans son élan par autre chose,
peut-être s’est-il dit qu’il y avait une bonne raison pour que sa femme ne lui
demande pas de vider le reste du lave-vaisselle etc.
Ce qui est sûr, c’est que si vous voulez quelque chose, il faut
le dire clairement, sans sous-entendu et sans ambiguïté.
Ensuite, d’autres
commentaires expliquent en partie
pourquoi certaines femmes font plus de choses à la maison : « je
préfère le faire car sinon, ce n’est pas comme je veux », « je lui
demande plus rien, à chaque fois il met 20 ans à le faire », « à croire
que cela ne le dérange pas de voir le panier à linge qui déborde » et la
liste est longue. Si l’on s’attend à ce que notre partenaire fasse les choses
exactement comme nous, au moment où nous l’avons décidé, la seule chose que l’on
va avoir c’est une grande déception.
Faites le test :
si l’on vous demande de lancer une machine à laver, que ressentez-vous ? Pour moi, le premier sentiment que je ressens
est assez désagréable car c’est infantilisant (« j’allais y penser de
toute façon à un moment, ce n’était pas la peine de me le dire »).
Ensuite, une fois que j’ai dépassé cela (et selon mon humeur et mon état de
fatigue cela varie de 3 secondes à 3 heures…), je vais réfléchir pour voir à
quel moment cette tâche qui m’est demandée peut être intégrée dans mon propre
planning informel. Il y a de fortes chances que je la fasse rapidement si je n’ai
pas d’autres priorités, mais ce ne sera peut-être pas non plus à la minute
près. Or, c’est ce que nous demandons implicitement à notre conjoint.e quand
nous lui demandons de faire quelque chose.
Ne demandons pas quelque chose que nous n’accepterions
pas que l’on nous demande.
À nous de faire
preuve de souplesse et d’accepter notre partenaire dans son altérité. Chacun
est différent et a des sensibilités qui divergent : certain.es ne
supporteront pas de voir une assiette restée sur une table, d’autres un évier
plein etc. Ce qui peut être horripilant pour vous ne viendra peut-être même pas
à l’esprit de votre conjoint.e.
Mes propositions de
solutions
Bon, c’est bien
joli, c’est le bazar partout, tout le monde est malheureux mais concrètement on
fait quoi ? Je n’ai évidemment pas la recette miracle mais je vous propose
quelques pistes de réflexion qui devraient permettre à votre foyer d’être plus
harmonieux.
Faire le point
sur les tâches ménagères : chacun dit qu’il en fait +/- mais on ne sait
pas trop dans quelle proportion ni le volume horaire que cela prend. Il y a une
différence entre réaliser 5 petites tâches rapides et « juste » 1 qui
demande du temps… Je vous propose donc de cocher la liste suivante et de voir
pour de vrai qui fait quoi chez vous. Vous risquez d’avoir des surprises,
autant pour l’un que pour l’autre…
Une fois que
cela est fait, regardez ce qui peut être redistribué en fonction de vos envies,
de vos choix de vie et du temps que vous avez chacun. Il ne s’agit pas ici d’arriver
à un 50/50 bien parfait sur le papier mais qui ne vous convient pas et qui n’est
pas réaliste mais plutôt d’arriver à un compromis qui vous satisfasse tous les
deux. On a tous nos préférences et nos « si je peux éviter de faire ça, je
veux bien faire ça à la place »… Le but est donc que vous sachiez qui fait
quoi et que cela soit un vrai choix partagé et discuté. Peut-être l’occasion de
se dire que faire les vitres toutes les semaines n’est pas si utile après tout,
ou si au contraire c’est important pour vous (chacun ses habitudes, je ne juge
pas ;-) ), acceptez de laisser tomber autre chose.
Faites le point
également sur vos attentes et les situations qui vous hérissent le poil. Vous
savez, la fameuse paire de chaussettes que vous retrouvez tous les jours au pied
du coffre à linge ? Celle que vous ramassez en soufflant mais sans jamais
rien dire ? Dites les choses qui vous embêtent et acceptez d’entendre
celles qui le sont pour votre partenaire. Oui, ne rêvez pas : il y a
forcément des choses que vous faites (ou ne faites pas) qui peuvent être améliorées
(pour moi, c’était tenir les comptes, mais je m’y suis mise et ça commence à
venir petit à petit).
Acceptez que les
choses soient faites différemment. Est-ce si dramatique si les T-shirts ne sont
pas pliés de la même façon ? Et si oui, pourquoi chacun ne plierait-t-il
pas son linge ? Cela éviterait des situations pénibles comme replier
derrière son partenaire parce que l’on ne veut pas le froisser (petite blague)
mais que l’on préfère que les choses soit pliées en 2 et non pas en 3. Encore
une fois, le maître-mot est la communication.
J’espère que
cette réflexion pourra vous aider à lâcher prise sur le souci des tâches
ménagères au quotidien et surtout à mieux communiquer avec votre conjoint.e.
Soyez aussi bienveillant que vous aimeriez qu’on le soit avec vous. Soyez patient.e : cela demande du temps de changer ses habitudes. N’hésitez pas non plus à souligner sincèrement les progrès ou les choses positives, c’est aussi important.
Pour finir, je
vous partage ces 3 conseils de Christophe André, tirés de son livre « Et n’oublie
pas d’être heureux » :
- Décidez de stopper les efforts. Le fait de s’acharner ne changera rien.
- Acceptez que ce ne soit pas ni le moment, ni le lieu, ni la manière. Que cela ne fonctionne pas.
- Prenez conscience de vos émotions négatives. Acceptez la colère, la déception… Dites-vous que c’est parfaitement normal.
Et répétez-vous :
« Je fais de mon mieux, tout comme mon partenaire ».


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